Jacques Chirac n'a pas annoncé le retrait du CPE. Mais avec l'annonce de futurs accords de Grenelle, notre président, se sentant libéré de toutes pressions politiques en cette fin de rêgne, a brusquement pris conscience de la réalité sociale de notre pays. Le choix même de reprendre le nom des accords qui avaient eu lieu entre l'Etat, le patronat et les syndicats , le 28 mai 1968, prouve que Jacques Chirac veut frapper les imaginations avant de se retirer, et ainsi rentrer dans l'Histoire, comme son prédecesseur l'avait fait en étant à l'orginine de l'abolition de la peine de mort.

On s'autorise en effet à penser, dans les milieux autorisés, que les propositions faites en leur temps en 1968 par le Général vont être reprises et proposées textuellement aux syndicats salariés et étudiants dans les tous prochains jours. A savoir :

  • Augmentation de 35% du smic. (Smic horaire brut passant de 8,03 à 10,85 euros et smic mensuel brut passant de 1357,07 à 1832,04 euros)
  • Hausse de 10% des salaires.
  • Réduction du temps de travail. (32 heures payées 35, soit 4 jours travaillés 8 heures / semaine)

L'UNEF ne serait pas disposée à accepter ces conditions tant que le CPE ne sera pas effectivement abrogé. Dominique de Villepin aurait déclaré en aparté qu'il serait pret à faire un effort pour augmenter le SMIC jusqu'à 45% mais qu'il ne fallait pas compter sur lui vivant pour abroger le CPE. Tous les espoirs de voir se conclure un accord rapidement sont donc relancés.

En ce 1er avril, il semble que le pouvoir et son peuple aient enfin une chance de se réconcilier.