Pour 4000 euros t'as plus rien
Par Droop le vendredi 12 janvier 2007, 14:23 - Présidentielles 2007 - Lien permanent
"Aujourd'hui en 2006, un professeur certifié en fin de carrière, ça gagne à peu près 4.100 euros par mois."
C'est ce qu'a déclaré notre bon ministre délégué au budget, Jean-François Copé, ce matin sur France info. Je vais donc immédiatement conseiller à mes parents de réclamer un impayé de salaire au minsitère.
Quel imbécile quand même ! Deux possibilités :
- Soit il ment en connaissance de cause, et je ne comprends pas très bien l'intéret puisqu'il va être démenti et ridiculisé.
- Soit il dit ça de toute bonne foi, et dans ce cas je ne m'étonne pas qu'il considère que les français qui gagnent 4000 euros net par mois font partie de la classe moyenne ! Aucun sens des réalités sociales, non seulement c'est ridicule, mais c'est surtout inquiétant. Allez hop, grand coup de balai le 6 mai. Dans le cul si possible.
Commentaires
Effectivement... Pour ma part, même si je ne suis qu'en début de carrière de prof (5 ans d'enseignement), je suis encore très très loin du compte... avec mes 1600€ par mois...
Mais je voudrais pousser un petit peu plus loin la réflexion sur les conditions d'exercice de ce métier car voilà se qui se passe (derrière votre dos messieurs-dame) quand notre ministère et conséquemment nos rectorats traîtent leur propre personnel comme de la merde :
Un prof débute avec 1200€ (en 2001) par mois (pour un bac+5, pour ma part, je ne trouve pas extraordinaire, mais bon, honnète, quoi... et puis si j'avais fait ce métier pour l'argent, il y a longtemps que j'aurais démissionné pour aller dans le privé).
Un prof débute très souvent dans une situation généralement précaire du point de vue de sa famille (éloignement, etc..), du logement (généralement sur Paris/Créteil/versailles) et même de sa matière ! Quoi de plus logique qu'un prof qui a passé le concours Histoire-Géo se retrouve à faire des Maths, je vous le demande... (Non non ce n'est pas moi, moi je suis juste prof de lycée professionnel en électronique qui se retrouve à faire de la technologie au collège, ce qui est tout à fait normal, non ?)
Et puis quand on se retrouve en salle des profs à coté d'un planqué (car il y en a, bien sûr, jamais je ne dirai le contraire) qui quand je lui parle de difficultés avec tel ou tel élève, te répond que lui il hésite entre un café long sans sucre et un cappucino,on se dit que quand même... l'éducation nationale est vraiment une belle famille et qu'on a un grand privilège à en faire parti...
Et puis tient, paf, en plus je me permettrais même de réclamer aussi une prime pour métier à risque (ce que n'ont même pas les pompiers !). Oui oui, j'ose. Et si JF Coppé ou autre conteste, je lui suggère de m'accompagner dans ma classe ; je lui cède volontiers quelques heures pour qu'il se fasse une idée plus précise de ce que c'est que le métier de prof à l'heure actuelle.
Mais j'oubliais... c'est vrai que pour un bon ~60-70% de la population française, nous ne sommes que des fainéants (vacances), des râleurs (grêves) et des incompétents. Donc oubliez tout ce que je viens de dire et continuer à prendre ce métier pour de la merde, vos enfants vous en seront très reconnaissants.
Voilà, c'était mon coup de gueule du soir... Mauvaise journée tient ! Ca ira mieux demain... ou le 7 mai au matin ? Ne rêvons pas... dangereux de rêver...
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