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Par offensives, je veux parler des projets parlementaires visant soi-disant à lutter contre le piratage des oeuvres musicales et cinématographiques sur Internet, qui ne sont en fait que des mesures destinées à protéger les pratiques déloyales des "distributeurs" culturels tels qu'Universal ou Paramount, pour ne citer que les plus connus. En fait, la charte anti-"piraterie" que le gouvernement nous prépare est avant tout une bataille politique et économique des majors à l'encontre de nouveaux modèles de diffusion comme le copyleft, à savoir le droit de partager, copier ou modifier librement des informations. Quand je parle de "libre", je parle de Copyleft, je parle de GNU, je parle de "licence Art Libre" ! Kezako tout ça ?!

Le Copyleft est à mon sens un concept révolutionnaire. C'est un moyen de donner accès gratuitement au fruit d'un travail original et d'encourager la reproduction (et même la modification) de ce travail d'une façon tout aussi gratuite. C'est donc l'antithèse du Copyright traditionnel qui semble de nos jours vouloir s'étendre absolument à tout (gènes, propriété intellectuelle, etc.). D'inspiration libertaire, le concept de copyleft valorise la liberté d'expression et s'oppose surtout à l'idée que la connaissance puisse être la propriété privée de quelques élus.

La notion de Copyleft (dont le sigle est celui du copyright à l'envers, à l'instar du sigle des anti-nucléaires qui était celui d'un champignon atomique renversé !...) s'est naturellement tout d'abord développée sur Internet, avec les logiciels " open source ", et le monde Linuxien. L'idéal des premiers internautes a toujours été la démocratisation de l'information qui, grâce au Net, pouvait enfin échapper au contrôle de haut en bas des médias commerciaux. (voir aussi le concept de l'open publishing partagé par deplus en plus de sites dont notre nouveau Kolkhoze.com!) Ainsi, au début, certains rendaient leurs programmes libres en le distribuant dans le domaine public, sans copyright. Cela autorisait les gens à partager le programme et à l'améliorer éventuellement. Mais cela autorisait aussi des personnes indélicates à faire du programme un logiciel propriétaire. Ils pouvaient très bien y effectuer des changements, et distribuer le résultat comme un logiciel propriétaire. Ceux qui recevaient le programme dans sa forme modifiée n'avaient pas la liberté que l'auteur original leur avait donné ; l'intermédiaire l'avait fait disparaître.

C'est ainsi qu'est apparu le précurseur du concept de Copyleft, le GNU (prononcez gnou!). Le copyleft indique que quiconque redistribue un programme informatique sous licence GNU, avec ou sans modifications, doit aussi transmettre la liberté de les copier et de les modifier. Le copyleft garantit cette liberté pour tous les utilisateurs. La seul régle du jeu est donc : gardez-le contenu libre et citez la source.

"Copyleft Attitude" se développe maintenant également et a pour objectif de faire connaitre et promouvoir la notion de copyleft dans le domaine de l'art contemporain. Prendre modèle sur les pratiques liées aux logiciels libres pour s'en inspirer et les appliquer pour la création artistique. C'est la raison pour laquelle a été mis au point la Licence Art Libre. (équivalent de la licence GNU des logiciels pour l'Art contemporain).

Dans le domaine scientifique, l'Initiative de Budapest pour l’Accès Ouvert, n'ose pas se réclamer du concept "copyleft", mais y ressemble drôlement ! En effet, révolution chez les scientifiques, un nombre grandissant d'entre eux croyant au libre accès de l'information scientifique et technique, refuse désormais de publier leurs rétributions et publications dans les revues prestigieuses traditionnelles, et les publie désormais soit sur Internet, soit dans une revue communautaire scientifique auto-financée.

Le mouvement prend donc de l'ampleur, à l'image des nombreuses licences qui émergent aussi dans le domaine musical (free music public licence ou encore la récente Open Audio Licence de l'Electronic Frontiere Foundation), ce qui, on le comprend aisément, inquiètent les gouvernements libéraux, les majors, et certains "artistes" à gros succès qui protestent et réclament "leurs droits d'auteurs" en ométant de préciser que ce sont leurs droits au "copyright" qui est un système aujourd'hui appelé à disparaitre, car il est contraire à la libre-circulation des idées, et qu'il est grandement hypocrite car inaplicable !

Quelques Liens :

Licence Art Libre

VULGUM, le droit de partager, de copier et de modifier

Ce que le gouvernement nous prépare...

L'Initiative de Budapest.