Service public européen : c'est pas pour demain !
Par Droop le mercredi 1 mars 2006, 18:24 - Europe - Lien permanent
C'est quand même étrange la vision économique de la droite... D'un côté on applique l'ultra-libéralisme et on est tout content que GDF fusionne... L'Etat perd ainsi la majorité des parts de l'entreprise, contrairement à ce qui avait été dit en août 2004 : souvenez-vous de ceux qui juraient solennellement, lors du changement de statut d’EDF et GDF, que la participation de l’État n’avait pas vocation à descendre en dessous de 70 % du capital des deux entreprises publiques... et GDF est privatisé de fait.
De l'autre côté, on protège GDF, au nom d'un je ne sais quel patriotisme économique (totalement différent d'un protectionisme nous précise le gouvernement, bien sûr !) en organisant cette fusion avec Suez (groupe franco-belge) plutôt qu'avec l'italien Enel... Deux poids, deux mesures ! Bien sûr, pour se défendre de tout protectionisme à l'américaine (comme champions du double langage, ils sont pas mals ceux-là aussi) on prétend que ce secteur est stratégique pour la France et justifie donc ces mesures particulières. Il faut croire aussi que Arcelor est jugé aussi stratégique quand le gouvernement use de ce même protectionisme pour contrer l'indien Mittal ? Danone aussi doit être jugé tellement stratégique pour qu'on le couve ? De qui se moque-t-on ? Si GDF était considéré comme réellement stratégique, pourquoi dans ce cas-là l'avoir privatisé ? Nous prendrait-on pour des cons ?
Alors après tout ça, ce grand imbécile de Barroso (actuel président de la Commission européenne) a beau jeu de mettre en garde les gouvernements européens contre une rhétorique nationaliste et la protection de leurs marchés... Car peut-on me dire ce qu'a fait l'Europe en faveur d'une politique énergétique européenne ? Ce domaine, que certains à droite jugent stratégique (comme si on devait encore être en guerre...) et que certains à gauche jugent essentiel du point de vue de la maitrise des énergies, est totalement délaissé par notre Europe.
De toutes façons, quand ceux de l'UMP précisent que GDF est stratégique, il pensent cela pour la France, et n'ont aucune vision européenne de la chose... Je ne veux pas passer pour un passéiste trostkyste, mais il me semble bien, moi, qu'une entreprise totalement nationalisée monopolistique est le meilleur garant d'une indépendance stratégique et même, oui, j'ose, d'une qualité de service et d'une sécurité accrue ! (N'en déplaise à ceux qui critiquent toujours la SNCF, nous avons un des meilleurs et des plus sûrs réseaux ferrés d'Europe, idem pour notre réseau routier secondaire, le meilleur d'Europe, alors que notre DDE est si décriée !) Alors bien sûr, la France a changé, et il est idiot d'envisager renationaliser GDF. Mais pourquoi alors ne pas réenvisager la chose au niveau européen ? Pourquoi ne pas européaniser le secteur de l'énergie, des transports, des télécoms... ? Imaginez une entreprise de gaz et d'électricité européenne, gérée par l'Europe, constituée de fonctionnaires européeens, ne serait-ce pas là le meilleur moyen de garder notre indépendance stratégique, d'avoir une réelle politique européenne de l'énergie, de garantir des prix stables, une sécurité accrue, et de maintenir l'emploi dans toute l'Europe ?... Tout cela reste du domaine de l'utopie tant l'idée même d'une Europe sociale fait peur à la droite...
Dans toute cette histoire, si ce n'était que notre politique européenne commune qui en patissait, ce serait un moindre mal... Mais, malheureusement, ce sont les salariés qui vont trinquer, avec au mieux des salaires et des embauches gelés, et au pire des plans de licenciements. Car le gouvernement a beau jurer la même chose à chaque fois, rien n'y fait, nous avons de la mémoire et nous savons qu'après chaque privatisation partielle déguisée arrive une vraie privatisation. Et qu'après chaque vraie privatisation arrive un plan social. Et 2007 n'est même plus un espoir pour tous ces salariés, tellement la gauche n'arrive pas à esquisser l'ombre d'un projet. Prolétaires de tous les pays : bourrez-vous la gueule pour oublier.
Commentaires
Disont pour faire court, qu'il n'y a pas de doctrine...
Le but est de creer des geants nationaux ou européens. alors il y a alternance de protectionisme et de liberalisme quand on en a besoin.
Dans ce domaine la, il n'y a pas d'idéologie. Et.. je doit avouer que j'attend cela d'un gouvernement. Si la france, malgré sa petitesse a un poid mondial, c'est parce qu'elle dispose d'entreprises puissante. Ceux qui pensent que la voix de la france suffit a elle seule se trompent lourdement, et ont en réalité un complexe de supériorité.
Cependant il faut garder son sang froid vis a vis de cela. Crier que la droite fait une politique de gauche, et que la gauche fait une politique de droite ne montre qu'une seule chose. Qu'on a vraiment rien compris. Que finalement, la droite n'est pas ultra-libérale, et que la gauche n'est pas communiste.
il existe cependant un domaine ou une alternative est possible. C'est l'informatique. La france n'a aucun pouvoir sur son developement. Aucun pouvoir, jusqu'au jour ou l'open-source s'est devellopé, et permet a chacun de s'affranchir d'une partie de l'hégémonie américaine, tout en profitant a tous.
Mais là ou ces solutions ne sont pas applicable, je passe a l'ancien systeme et a la compétition.
Le problème, c'est que ta vision du service public est monolitique.
Un service, une entreprise.
En france, il existe un service public ou la compétition fait rage.
La santé. L'etat fixe un prix donné pour une consultation. La concurrence ne se fait donc pas sur les prix, mais sur la qualité des soins. Pourtant, tout les pratitiens sont des libéraux, donc des privés. Le choix est donné au patient (très content d'avoir le choix) et en plus, l'état est garant du prix. (ce qui est le role d'un service public)
Il existe une analogie. L'arcep. Les opérateurs téléphonique se font une concurrence acharnée niveau prix, et ont des obligations fixées par l'état. Le service téléphonique universel, et autres obligations de mise en reseau. Bref, si les privés ne rentrent pas dans leurs obligations, c'est de la faute de l'état qui ne fait pas respecter ses volontés. Et donc du gouvernement.
Je ne crois pas aux services public a la francaise. Cela fait 50ans qu'on les a. Si ils etaient si bien, ils seraient innovant, peu cher et de qualité, tout le monde nous aurait copié. On a surtout la qualité. Mais niveau innovation et prix.. faut aller du coté du privé. Faut arreter de raconter des salades aux gens. Pour faire un champion, faut le faire courir a coté d'autres coureurs. En courant tout seul, on attrape surtout la grosse tete.
Pour moi l'état, c'est un prof de sport. Il s'occupe de sa classe. Encadre les eleves pour qu'ils deviennent compétitif. C'est lui qui fixe les règles. Si il laisse faire n'importe quoi a l'intérieur, c'est c'est un mauvais prof. Il faut donc le remplacer. C'est a ca que sert la démocratie.
Pour ce qui est des prix, je suis d'accord que souvent le public est plus cher, mais les ervices sont de qualité donc c'est normal. Pour ce qui est de l'innovation, je ne suis pas du tout d'accord avec toi et je te contredis par deux exemples simples de l'époque où nous avions une SNCF et un France Télécom nationalisés et en position de monopole :
- Invention du Minitel (quoi qu'on en pense aujourd'hui, c'était une belle innovation à l'époque)
- Invention du TGV
Et je ne parlerai pas du nucléaire à la française, parce-que je suis contre, mais c'est tout de même une petite innovation technologique, non ?
Donc l'innovation n'est pas la chasse gardée du privé, bien au contraire, je dirais aujourd'hui qu'on a moins d'innovation dans certains domaines du fait d'une entente entre les grands groupes (télécoms, médias...)
Pour ce qui est de la santé, j'ai toujours été partisan de sa nationalisation, mais je suis un malade, je sais !
Santé !
Et que la Vodka-Polka coule à flots !!!
Vu sur le site http://www.actuchomage.org
Le modèle danois : beaucoup d'emplois publics (36,9%)
L'emploi public représente 36,9 % des emplois (63,1 % pour le privé) au Danemark et seulement 19,4 % des emplois en France (80,6 % pour le privé).
Le Danemark est souvent cité en exemple : moins de chômage qu'en France, flexibilité, sécurité ... vous connaissez le discours, qui doit pourtant être fortement nuancé et replacé dans le contexte de la société danoise.
Mais le grand public ignore un aspect essentiel de la question sociale, trompé par les idolâtres du "marché" et de sa "main invisible". L'emploi public est beaucoup plus développé au Danemark qu'en France, près du double en proportion de la population.
L'emploi public danois compte pour 36,9 % dans l'emploi total, tandis que l'emploi public français se limite à 19,36 % de l'emploi total. La proportion d'emploi public est donc supérieure de 91 % au Danemark comparé à la France (36,90 / 19,36).
Au Danemark (2004), pour un emploi total de 2 507 000, l'emploi privé est de 1 582 000 (63,10 %) et l'emploi public de 925 000 (36,90 %).
En France (2004), pour un emploi total de 24 720 000, l'emploi privé est de 19 933 000 (80,64 %) et l'emploi public de 4 787 000 (19,36 %). L'emploi privé comprend 17 265 000 salariés et 2 668 000 patrons ou indépendants.
Si l'on veut de rapprocher des performances du Danemark pour la proportion d'emplois publics dans l'emploi total, augmentons par exemple de trois millions le nombre d'emplois publics. Car les besoins sont immenses : dans la santé et en particulier la prévention, dans la petite enfance, dans l'éducation et la formation des jeunes et des adultes, dans l'aide structurée et publique aux personnes âgées ...
Avec trois millions d'emplois publics en plus, l'emploi public atteindrait 7 787 000 emplois, soit 28,09 % de l'emploi total (devenu 27 720 000) et nous serions encore loin de la proportion danoise de 36,9 % d'emplois publics.
Par la même occasion, une bonne partie des nouveaux emplois publics pourrait être consacrée à une forte réduction du temps de travail, juste récompense des importants gains de productivité des années passées, pour ramener la durée réelle (pas seulement légale) à 28 ou 30 heures par semaine.
Voir plus de détails, avec tableaux statistiques, à cette adresse :
http://travail-chomage.site.voila.fr/danois/dk_emploi_public.htm
(le texte complet peut être imprimé ... pour en faire bon usage d'ici 2007).
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