Il ne s’est sans doute pas demandé ce qu’ils faisaient là. Pourquoi ils étaient là. Pourquoi ils étaient prêts, parfois au péril de leur vie, à voyager jusqu’à chez nous dans des conditions exécrables et dangereuses. Pourquoi ils étaient prêts à subir l’échec de la tentative et la prison. Non, c’est sans doute cela, il ne s’est pas posé la question de savoir pourquoi ils étaient prêts à subir les brimades de fonctionnaires racistes travaillant sous son autorité. Pourquoi ils étaient même prêts à risquer leur vie, tout simplement, sous les coups des policiers meurtriers. Aux informations, ils parleront probablement encore d’une bavure. Mais les passagers qui étaient là le savent : mourir étouffé sous un oreiller, c’est un meurtre. Et quand bien même, au cas où cela marcherait, il ne s’est sans doute pas demandé pourquoi ils étaient prêts à vivre des années durant dans la clandestinité. Au risque de se voir séparé de sa famille, de ses enfants, à chaque contrôle de la Police. Il ne s’est sans doute pas demandé pourquoi certaines et certains se taisaient face à l’esclavage moderne, (note : esclavage qui n’a pas disparu par le coup de baguette magique d’un 10 mai de bonne conscience) face à la prostitution, face au chantage. Quand on n’existe pas officiellement, on ne peut prétendre à être protégé comme tout citoyen. Il ne s’est sans doute pas demandé pourquoi notre pays était encore pour certains un rêve de liberté : celui des droits de l’Homme. Pourquoi certains, fuyaient les guerres, la répression politique, les viols, l’excision, l’intégrisme des religions… Et pourquoi d’autres, la majorité – et alors ? – fuyaient, tout simplement, la misère. Est-ce un crime ? Cela il ne se l’est probablement pas demandé non plus.

Sinon, c’est sûr, lui, Nicolas Sarkozy, les accueillerait tous à bras ouverts.

Mais comme il n’a sans doute pas réfléchi à tout cela, trop occupé qu’il est à déjouer les complots de l’Elysée, il a au lieu de cela pondu une loi qui fera de lui un Homme aimé de l’électorat d’extrême droite, et, osons-le le dire, de la majorité des français, qui travaillent, oui Monsieur ! Une stratégie bassement électorale contre-productive et dangereuse. Une loi monstrueusement cynique à laquelle nous devons tous désobéir en masse.