Nous sommes déterminés !
Par Droop le vendredi 1 octobre 2004, 17:03 - Billets d'humeur - Lien permanent
Entendons-nous bien : je ne trouve personnellement aucune valeur esthètique particulière à ce tableau, et si je le qualifie de chef d'oeuvre", c'est qu'il symbolise pour moi la provocation à l'état brut : imaginez-vous quelle hérésie il devait représenter à l'époque où il a été peint. Car ce n'est plus un simple nu, c'est du gros plan, cru, réaliste, façon canal + , la touffe et le gras en plus ! Chef d'oeuvre, je répéte et j'insiste, car il fait naître en moi de nombreuses interrogations... Comment, bordel, est-il possible que les critères de beauté féminine aient à ce point changé en si peu de temps ? Là où une touffe brune "saint-maclou" mal peignée et des bourrelets "accordéon" apparaissaient comme un symbole hautement érotique, on voit aujourd'hui des mottes lisses de blondes décolorées et squelettiques. Je parle bien entendu ici de "standards" de beauté ou d'esthétisme, mais je suis bien évidemment conscient que tous les goûts sont dans la nature... On prétend même encore, dans notre civilisation qui fait le culte de la minceur, que "les hommes préfèrent les grosses"... Sûrement qu'à l'époque de Courbet on devait dire que "les hommes préfèrent les maigres", juste pour se faire croire que nous ne sommes pas façonnés, déterminés, dés notre naissance, par notre environnement culturel...
Et il en est des "standards" sexuels comme des autres : aujourd'hui plus personne n'achéterait de voitures cubiques alors que dans les années 80 il était inconcevable d'imaginer une voiture aux formes arrondies... Tout est standardisé : le sexe, la bouffe, la mode... et ces standards changent sans cesse sans que nous ne nous en appercevions. Quelle en est la raison ? Elle me parait évidente : consommer toujours plus. Si les standards étaient éternels, on changerait sans soutes beaucoup moins souvent de voiture, et même de femme, puisque tout est consommation aujourd'hui !
Ainsi la mode sexuelle est elle au maigre et au rasé ! Alors que tout nous pousse d'un côté à prendre du poids (la grande bouffe, en quelque sorte), et que les poils n'ont jamais autant poussé que quand on les rase. L'Etre-Humain est sans doutes devenu schizophrène... Si la mode était au gras et au poilu, cela rapporterait beaucoup moins à l'industrie de consommation ! Je m'explique : Rester gros demanderait beaucoup moins d'efforts que de rester maigre, de même que rester poilu. Et l'industrie des amincissants, des rasoirs, des aliments allégès, des nutritionistes, de la mode... se casserait la gueule. En plus, ce serait économiquement moins rentable pour Yves Saint-Laurent de recouvrir un énorme boudin plutôt qu'un tas d'os : trop de tissus gaché !
Déterminisme publicitaire : on nous pousse à manger toujours plus gras et sucré. Et on nous étale dans tous les magazines l'exemple à suivre : des manequins anorexiques, des vulves rasées. On errige même l'éjaculation faciale en norme acquise, alors que somme toute très peu de femmes doivent apprécier ça ! Tout faire pour la schizophrénie ambiante, tout faire pour que l'on se sente éternellement insatisfait.
Manger ou baiser, il faudrait donc choisir entre ces deux besoins vitaux ? Peut être qu'à force de nous gaver jusqu'à l'overdose, les lobbys ultra-consuméristes auront l'effet inverse de ce qu'ils attendaient : un rejet total du progrès, de la beauté standardisée... Et on tuera tous les mannequins ? Les jeux paralympiques deviendront la norme, c'est d'ailleurs ce qui commence à se passer. Le gras sera remis à l'honneur. La touffe entretenue. Un retour à l'Origine du Monde en quelques sortes...