Les AMAP : un partenariat citoyens - agriculteurs.
Par Droop le vendredi 28 octobre 2005, 21:15 - Notre Planète - Lien permanent
Le concept nous vient du Japon. Là-bas, ce sont plus de 16 millions de personnes qui se sont alliés en association (teikei) pour obtenir ce que tout consommateur devrait être en droit d'exiger : avoir chaque semaine un panier de légumes et fruits de qualité (mais aussi oeufs, fromages, viandes), d'origine biologique, pour un prix équitable, en se passant de la grande distribution. L'idée s'est très vite exportée aux Etats-Unis, puisqu'il y existe aujourd'hui plus de 1500 CSA (Community Supported Agriculture). Voici enfin que se développent dans notre hexagone nos fameux AMAP (Association pour le maintien d'une agriculture paysanne) qui offre d'une manière simple mais originale des garantis exeptionnelles à la fois aux consommateurs, aux agriculteurs, mais aussi à tout ceux qui se soucient des problèmes écologiques. L'AMAP, c'est donc économique, éthique, et écologique. Mais qu'est-ce-donc exactement au juste ?
Wikipedia, l'encyclopédie collective libre en ligne, nous apprend ceci :
Il s'agit d'un partenariat entre un groupe de consommateurs et un fermier. Les consommateurs garantissent à l'avance l'achat de légumes ou d'autres produits agricoles pour une durée fixe (typiquement 6 mois ou un an). Le fermier gagne en sécurité financière et en indépendance par rapport au système de grande distribution. En revanche, les consommateurs peuvent directement suivre et influencer le mode de culture (souvent biologique ou biodynamique).
Concrétement, comment ça marche ? Vous trouverez de nombreuses informations sur le site de l'alliancepec :
Ce qui distingue les AMAP d’autres formules de "panier bio" ou "panier paysan", c’est le respect des 6 engagements suivants :
Côté consommateur
* l’engagement financier à travers l’achat à l’avance d’une partie de la récolte sur une période donnée ;
On s'engage ainsi à l'avance pour une période donnée à acheter un nombre définis de paniers.
* l’engagement économique et moral à travers la solidarité avec l’agriculteur dans les aléas de la production.
Partage des risques et des bénéfices naturels, ainsi il se peut que les paniers puissent être moins fournis en cas d'aléas climatiques, ou au contraire débordants si les conditions sont idéales ;
* l’engagement associatif par leur participation à la vie de la structure (gestion des souscriptions, organisation des distributions de paniers, communication, animation...).
Certains AMAP vous demandent ainsi par exemple de participer à la distribution et la mise en place des étalages 2 heures par saison, ce qui crée du lien social.
Côté producteur
* l’engagement technique et économique de fournir des produits de haute qualité (nutritionnelle, organoleptique, environnementale et sociale) selon les modalités définies avec le groupe de consommateurs ;
Souvent ce sont les normes de l'agriculture biologique.
* l’engagement associatif de s’investir dans la vie du groupe (rôle pédagogique, animation, information…) ;
Certains AMAP proposent par exemple une visite saisonnière de la ferme associative.
* l’engagement d’assurer une transparence sur la vie de leur exploitation (situation économique, origine des produits fournis, méthodes de production utilisées).
Le problème, c'est que des AMAP, il n'y en a pas partout, vous les trouverez là aussi sur le site d'alliancepec mais on en trouve quand même de plus en plus, même en Ile-de-France !
L'AMAP de la Butte, à Paris, par exemple, distribue tous les vendredis dans des locaux rue Trétaigne, des paniers pour une valeur de 10 ou 15 euros.
Bref, que du bonheur : vous achetez des produits de qualité, respecteux de l'environnement, vous "shuntez" la grande distribution, vous favorisez un échange économique local (donc moins de transports, donc moins de diesel, donc moins d'embalages, donc moins de pollution), vous participez à un projet associatif, vous permettez de maintenir une agriculture raisonnée de proximité, et, en plus, vous mettez un visage et une voix sur le fermier qui fait pousser vos légumes et qui vous invite à voir ses installations ! Renseignez-vous, si une AMAP s'est créée non loin de chez vous, il n'y a plus à hésiter ! Chaque AMAP posséde ses propres modalités, certaines étendent maintenant le principe du panier aux produits laitiers, aux oeufs et même à la viande. Le mieux est que vous vous renseigniez par vous-même sur l'AMAP la plus proche de chez vous la contactant par le biais des nombreux sites internet disponibles.
Liens utiles :
Fédération francilienne des AMAP
ATTAC Var, ATTAC étant à l'origine de la création de cette première AMAP française.
Commentaires
Bonjour, Je viens déposer un commentaire qui j'espère pourra aider ceux qui souhaitent monter une amap ou plus simplement en faire parti. Je suis la responsable d'une amap depuis 1an et je rencontre de gros problèmes avec l'agricultrice qui n'est pas bio mais qui soi-disant cultive très proche du bio. En réalité il n'en n'est rien. Elle nous a revendu plusieurs fois des légumes qui n'étaient pas les siens sans nous demander notre autorisation puis sans nous le dire ensuite... Elle m'a appris il y a tres peu de temps qu'elle met "un peu" d'herbicides sur les navets, radis et autres légumes. Alors que nous lui faisions entièrement confiance. Se pose donc le pb de la transparence et de la confiance. Je veux dire ici qu'hélas beaucoup de producteurs ont pris "la balle au bond" et se servent du label AMAP pour faire n'importe quoi et surtout faire de l'argent au profit de bénévoles. Je me permets donc de vous conseiller de conclure des contrats avec des producteurs labellisés bio, ce sera deja un peu + sur, et demander le bilan ou le compte d'exploitation afin qu'il y ai une réel transparence. C'est dommage d'en arriver là mais je m'aperçois que de nombreuses amaps sont ds le meme cas que moi.. C'est néanmoins un cicruit parfait et je persiste à y croire !! Bien à vous
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