Fin de règne. Rupture générationnelle. 5ème république agonisante. Tous les signes sont là, une période semble se terminer. Mais ce ne sera pas forcément pour quelque-chose de mieux, c'est le problème.

Fin de règne

On apprend aujourd'hui dans le Nouvel Obs que le procureur général de la cour d'appel de Paris, Yves Bot, va être remplacé par Laurent Le Mesle, considéré comme un "chiraquien pur jus". Une manoeuvre qui pourrait être liée à l'avenir judiciaire de Jacques Chirac après 2007. Chirac sent qu'il est fini. Aujourd'hui plus aucun analyste ne prédit qu'il pourrait se représenter. Une ère de magouilles et de populisme disparait avec lui. Mais le crime sera sans doûtes impuni. C'est une obsession !

Rupture générationnelle

Interdiction de se rassembler dans les halls d'immeubles, projet de loi DADVSI, et aujourd'hui CPE ne sont que quelques exemples d'une guerre perpétuelle lancée contre la jeunesse. La génération précaire est à bout. Quand en novembre ça flambe en banlieue, tout cela est hélas déjà prévisible. Aujourd'hui la tension monte : ça flambe à la Sorbonne, ça flambe à Nation, et c'est même toute la banlieue qui risque de se réembraser en marge des manifestations anti-CPE. Le CPE, aussi innacceptable soit-il, n'est qu'un pretexte, un catalyseur du mal-être des jeunes. Cette génération se bat contre une autre, ironie de l'histoire, celle de mai 68, qui va lui laisser un monde sans pétrole, ultra-sécuritaire, pollué, et aux communautarismes gallopants... Merci papa !

5ème république agonisante

Quand la France vote contre l'Europe, la France vote aussi un peu contre elle-même. Cette 5ème république est aujourd'hui dépassée et peu démocratique : il n'y a qu'à voir comment le 49.3 et les procédures d'urgences sont honteusement utilisées, comment il ne pourra jamais y avoir d'alternance politique au Sénat, comment le pouvoir judiciaire et politique sont encore liés, comment le pouvoir médiatique est honteusement utilisé par la propagande politicienne gouvernementale, comment le pouvoir n'a jamais été aussi peu transparant, ou comment le centralisme n'a jamais été aussi fort. Cette 5ème république auquel la Chiraquie s'accroche, plus personne n'en veut ! Changer les institutions, ce n'est pas changer le monde, peut-être, mais cela parait aujourd'hui plus que jamais nécessaire pour insufler une nouvelle confiance entre le peuple et ses élus. Parce-que comme on est parti, la démocratie n'a que très peu de jours de survie devant elle...

Malheureusement, comme toujours en cas de crise (souvenez-vous des moutons effrayés allant manifester leur soutien au pouvoir sur les Champs-Elysées en 68), le peuple va sans doute se réfugier sur le sécuritaire et le nationalisme. Mélange détonnant que les Etats-Unis ont adopté. Mélange qu'en France incarne parfaitement Sarkozy. Du pure fascisme en fait, mais modernisé. Ca plait. C'est abjecte.

Avenir de merde !