Honte à lui (3/4) : Celui qui fait de la répression un credo, sans se soucier des conséquences.
Par Droop le dimanche 14 mai 2006, 20:46 - Présidentielles 2007 - Lien permanent
- Honte à lui (1/4) : Celui qui sera aimé des électeurs de l’extrême droite.
- Honte à lui (2/4) : Celui qui se croyait fin stratège.
- Honte à lui (3/4) : Celui qui fait de la répression un credo, sans se soucier des conséquences.
- Honte à lui (4/4) : Ceux qui résisteront au cynisme.
Une machine à créer de nouveaux clandestins
Le projet de loi sur l'immigration, en plus d’être une stratégie électorale grossière, est doublement absurde. Absurde parce qu’il ne règle en rien le problème de l’immigration illégale. Pire, il va créer des situations inextricables juridiquement et va grossir le nombre de sans papiers. Absurde surtout parce qu’il renforce les pouvoirs répressionaires déjà énormes de la Police aux frontières, et qu’il ne donne comme réponse que la prison à des personnes qui vivent déjà des drames humains.
Ainsi, selon Catherine Teule, vice-présidente de la Ligue des Droits de l’Homme : "loin de lutter contre l'immigration irrégulière, le texte va institutionnaliser la clandestinité des immigrés en France". Selon différentes estimations, les immigrés en situation irrégulière seraient entre 200 000 et 400 000 en France.
L’absurdité du tout répressif
Le tout répressif n’est de toutes façons pas une chose nouvelle pour ce gouvernement. Depuis deux ans, le nombre des déboutés du droit d'asile a littéralement explosé (+40,5% en un an), atteignant plus de 50.000 personnes. Ainsi, l'association nationale d'assistance aux frontières pour les étrangers dénonce la multiplication des procédures pénales de "refus d'embarquer" à bord des charters. L’association dénonce même des situations indignes d’une démocratie occidentale : on a un étranger qui essaie de se faire admettre sur le territoire français, il n'y arrive pas, on le place donc en zone d'attente, dans des conditions dénoncées par la Croix-Rouge. On lui dit de partir, il refuse d'embarquer, c'est un délit et du coup, il est présenté devant un tribunal correctionnel qui, constatant un refus d'embarquer, très souvent, l'envoie en prison". Cette peine de prison - généralement de trois mois - est assortie d'une peine complémentaire d'interdiction du territoire - généralement de trois ans - qui comporte automatiquement une mesure de reconduite à la frontière. A sa sortie de prison, l'étranger sera transporté dans un centre de rétention. "Sans transition, l'étranger considéré comme indésirable va passer dans trois endroits privatifs de liberté: la zone d'attente, la prison et le centre de rétention", relève l'Anafé. Ce n’est donc plus une double peine (que Sarkozy avait d’ailleurs promis d’abolir), mais bel et bien une triple peine ! Sans compter l’expulsion, qui finira de toutes façons par arriver un jour ou l’autre. Après tout cela, quelle image ces gens-là peuvent-ils avoir de notre nation, celle des droits de l’Homme ?