Laissez-moi le croire.

Je ne comprends pas les critiques actuelles. Je ne suis pas socialiste dans l’âme. Mais je suis de gauche, et je ne comprends pas, bordel, que certains s’escriment à flinguer l’unique chance que l’on aura de ne pas avoir Sarkozy à la tête d’un régime présidentiel autoritaire et fascisant, dans six mois.

Si Ségolène passe, le 6 mai 2007, j’ouvrirai une bouteille de champagne.

Je sais pertinemment qu’elle est loin d’incarner un projet de société idéal auquel nous, les gens de gauche, rêvons. Mais je ne comprends pas de voir certains à gauche la descendre alors que ceux-là même étaient étonnamment indulgents et silencieux face au projet nullissime de Jospin pour 2002.

Si Royal bat Sarkozy, le 6 mai 2007, j’ouvrirai une bouteille de champagne.

Nous avons un parti socialiste qui vaut ce qu’il vaut, mais qui propose, contrairement à 2002, un débat d’idées salutaire et un programme déjà établi contrairement à celui de la droite, encore inexistant.

Ca me fait chier de devoir l’écrire, mais le 6 mai 2007, j’ouvrirai une bouteille de champagne.

Vous n’avez pas encore compris que le danger est plus grand que lors du 21 avril 2002 ? Vous n’avez pas compris qu’un risque durable de division entre français peut se produire ? Souhaitez-vous réellement que des personnes auparavant modérées se retrouvent dans le même camp que ceux qui brûlent vos voitures ?

Peut-être est-ce un peu aussi, je le concède, parce que je suis amateur de cette boisson alcoolisée, mais le 6 mai 2007, j’ouvrirai une bouteille de champagne !

Alors laissez-là, je vous en prie, supprimer la carte scolaire si ça lui chante, on s’en tape de la carte scolaire, elle n’existe plus depuis longtemps et il y a de toutes façons plus grave à éviter !

C’est aussi sans doutes parce que j’aurai alors l’impression d’avoir échappé au pire que, ce jour-là, soulagé, j’ouvrirai ma bouteille de champagne.

Mais sans chanter l’Internationale, faut pas pousser non plus !